03/12/2006

Découverte d'un signal venu de l'espace

 

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Découverte d'un signal modulé de très haute énergie venu de l'espace 
Par Frédéric GARLAN 

PARIS (AFP) - Une équipe d'astronomes européens a annoncé la découverte d'un faisceau de très haute énergie venu de l'espace, qui balaie notre planète avec la régularité d'un phare, mais avec une intensité cent mille fois supérieure au signal le plus puissant observé jusqu'ici.

Ce rayonnement gamma est émis par un système binaire, appelé LS 5039, formé d'une étoile massive, vingt fois grosse comme notre Soleil, et d'un compagnon très compact, qui pourrait être un trou noir ou une étoile à neutrons.

On connaît depuis les années 60 l'existence de signaux modulés provenant du fin fond de l'Univers : ils avaient fait croire pendant un temps à une tentative de communication de la part d'hypothétiques extraterrestres.

Ces signaux sont généralement émis par des étoiles minuscules qui tournent très rapidement sur elles-mêmes, les "pulsars". Elles éjectent des flux de particules électromagnétiques par leurs pôles. Comme l'étoile tourne sur elle-même, ce faisceau d'énergie balaie l'espace comme le faisceau d'un gyrophare et peut être capté depuis la Terre avec une fréquence régulière.

Sur le millier de pulsars répertoriés aujourd'hui, une dizaine émettent dans la gamme des rayonnements gamma, les plus énergétiques, explique à l'AFP Guillaume Dubus, du laboratoire d'astrophysique de l'Observatoire de Grenoble. Mais aucun ne ressemble de près ou de loin au rayonnement de LS 5039.

La modulation du signal des pulsars est comprise entre quelques secondes et quelques millisecondes. En revanche, celle du signal émis par LS 5039 est de 3,9 jours. L'énergie dégagée est aussi sans commune mesure et les scientifiques en sont encore aux hypothèses pour expliquer son origine.

LS 5039 est en lui-même un ensemble assez exceptionnel puisque le trou noir (ou l'étoile à neutron) fait le tour de son massif compagnon à une distance ne dépassant pas entre 1/5ème et 2/5ème de la distance Terre-Soleil.

Pour le Dr Dubus, "la lumière gamma émise par l'objet compact pourrait être absorbée par la lumière de son compagnon", telle la lueur d'une lanterne dans le brouillard. Vu de la Terre, le rayonnement gamma donne ainsi l'impression de s'allumer et de s'éteindre avec une étonnante régularité, correspondant aux phases où le corps le plus compact se trouve "derrière" son imposant compagnon.

Cette découverte, qui fait l'objet d'une publication dans le dernier numéro d'Astronomy and Astrophysics, a été permise par l'observatoire HESS (High Energy Stereoscopic System), implanté en Namibie. Fruit d'une initiative franco-allemande, ce grand instrument a conféré à la recherche européenne une nette avance sur les Américains en matière d'astrophysique des hautes énergies.

Les quatre télescopes de HESS scrutent le ciel pour détecter les gerbes de lumière bleuâtre dégagées lorsque des particules de très haute énergie viennent se fracasser sur les couches supérieures de l'atmosphère.

En les analysant, on peut reconstituer des cartes du ciel vu à des énergies 100 milliards de fois plus élevées que la lumière visible. Hess a déjà permis de découvrir plus d'une quarantaines de sources de rayonnements de haute énergie, alors qu'on n'en connaissait qu'une dizaine avant sa mise en service.

La science européenne a pu aussi se flatter d'un autre succès dans ce secteur, avec l'enregistrement d'une bouffée de rayonnements gamma, le 17 septembre, avec le satellite Integral de l'Agence spatiale européenne. Ce phénomène, parmi les plus violents que connaît l'Univers, pourrait signaler la présence d'un trou noir en train de déchiqueter une étoile voisine.
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02:55 Écrit par Charisma dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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