21/09/2006

La fonte des glaces plus rapide que prévu

 

 

 

Réchauffement : la fonte des glaces plus rapide que prévu 
Par Isabel PARENTHOEN


 PARIS (AFP) - Le réchauffement climatique semble entraîner une fonte des glaces plus rapide que prévu, selon des images satellitaires qui révèlent d'immenses fractures dans la calotte glaciaire au nord de l'Europe et attestent d'une accélération de la disparition des glaciers au Groenland.

Les images postées mercredi sur le site de l'Agence spatiale européenne (Esa) sont impressionnantes : elle montrent un morcellement sans précédent de la calotte glaciaire à la fin de l'été, sur une superficie supérieure à celle de la Grande-Bretagne, s'étendant de l'Europe septentrionale jusqu'au pôle Nord.

"Cette situation est différente de tout ce que l'on a pu observer lors des précédentes saisons de fonte record des glaces", souligne le responsable de l'analyse des images, Mark Drinkwater, du Centre d'observation de la Terre de l'Esa basé à Frascati (Italie).

"Un bateau aurait pu remonter sans difficulté jusqu'au pôle Nord depuis l'archipel de Spitzberg (Norvège) ou le nord de la Sibérie, au travers de ce qui est normalement constitué de glace solide".

Les images, acquises du 23 au 25 août, montrent une large zone fracturée rejoignant le pôle Nord depuis l'archipel de Svalbard (ou Spitzberg), à l'extrême nord de la Norvège, et celui de Severnaya Zemlya, dans les eaux arctiques sibériennes.

Selon les scientifiques de l'Esa, de 5 à 10% de la glace pérenne - celle qui ne fond normalement jamais - s'est fracturée lors des tempêtes de fin d'été, ce qui implique une glace plus fragile et moins épaisse.

La calotte glaciaire arctique se réduit comme peau de chagrin à cause du réchauffement climatique. A la fin de l'été 2005, elle ne s'étendait plus que sur 5,5 millions de km2, contre 8 millions au début des années 1980.

La glace pérenne diminue elle aussi mais c'est la première fois que ce secteur de l'Océan arctique démontre une telle fragilité.

Témoignant d'une tendance identique, une étude à paraître jeudi dans la revue scientifique britannique Nature contraint elle aussi les spécialistes à s'interroger sur la vitesse de la fonte des glaces.

Les glaciers du Groenland, deuxième réserve d'eau douce gelée au monde, disparaissent deux fois et demie plus vite qu'il y a deux ans, selon l'analyse d'images satellitaires de la Nasa réalisée par Isabella Velicogna, du Jet Propulsion Laboratory de Californie, et Tavi Murray, de l'université de Swansea (Grande-Bretagne).

Sur la période allant de mai 2004 à avril 2006, ce sont 248 km3 de glace qui ont fondu chaque année, s'écoulant de la terre ferme vers l'océan, ce qui se traduit sur le globe par une élévation du niveau des mers de 0,5 millimètre par an.

Soit un phénomène beaucoup plus rapide que les dernières prévisions du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui remontent à 2001. Les prochaines estimations de ce groupe mis en place par l'Onu sont attendues en janvier 2007.

Les deux chercheurs publiés dans Nature incitent à la prudence d'interprétation, soulignant que leurs travaux ne portent que sur une durée totale de quatre ans.

Mais leurs découvertes vont dans le sens d'autres études récentes. La semaine dernière, des calculs publiés dans la revue américaine Science établissaient ainsi que les glaces pérennes de l'Arctique avaient diminué d'un septième en un an (entre 2004 et 2005).

La fonte des glaces maritimes ne fait pas monter le niveau des océans mais elle alimente la roue du réchauffement climatique. Blanche, la glace renvoie les rayons du Soleil. En son absence, ceux-ci peuvent réchauffer l'eau de la mer, ce qui entraîne une accélération de la fonte des glaces...

 

 

22:59 Écrit par Charisma dans La Planète | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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