10/09/2006

Etre ou ne pas être…conscient

 

 

 

En explorant, grâce à l’IRM, l’activité cérébrale d’une jeune femme plongée dans un état végétatif, des chercheurs ont constaté que les réponses de la patiente étaient très proches de celles observées chez des personnes en bonne santé. Est-il pour autant possible de dire que cette jeune femme est consciente ?

D’après les définitions actuelles, un patient qui est dans un état végétatif après un coma n’est pas conscient. Même s’il ouvre les yeux, même s’il s’endort et se réveille en suivant des cycles réguliers, il ne montre pas les signes habituels de la conscience. Il ne réagit pas aux stimulis auditifs ou visuels, il n’est pas capable de gestes intentionnels. C’est un état difficile à comprendre pour les proches.

L’équipe d’Adrian Owen (Cambridge, RU) et de Steven Laureys (Université de Liège, Belgique) écrivent pourtant que la patiente qu’ils ont étudiée est «consciente d’elle-même et de son entourage» et qu’elle peut faire preuve d’actes intentionnels.

Cette jeune femme de 23 ans a subi un très grave traumatisme crânien lors d’un accident de la route et cinq mois après, se trouvait dans un état végétatif, incapable de répondre aux stimulations.

Les chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) pour étudier l’activité cérébrale de la jeune femme lorsqu’elle entendait un mot ou une phrase. Allant plus loin, ils lui ont demandé de s’imaginer jouant au tennis ou encore traversant sa maison pièce par pièce. L’activité cérébrale observée est similaire à celle de personnes en bonne santé.

Ces résultats montrent à quel point ces états végétatifs sont mal connus. Avec l’IRM les chercheurs espèrent trouver de nouveaux moyens de diagnostiquer ces états.

Les conclusions publiées aujourd’hui ne suffisent pas à montrer que la personne est consciente. «La conscience n’est indubitablement prouvée chez les humains qu’à travers les récits qu’ils font de leurs propres états mentaux» commente le neurologue Lionel Naccache (Inserm), spécialiste des bases cérébrales de la conscience, dans la même revue Science.

Les auteurs de l’étude soulignent que leurs résultats ne reposent que sur une seule personne et méritent d’être répliqués. L’ampleur et la nature des traumatismes diffèrent grandement d’un patient à l’autre et les observations seraient sûrement très variables selon les patients.
L’année dernière les associations ‘‘pro-life’’ américaines et le président Bush lui-même s’étaient mobilisés en faveur de Terri Schiavo, s’opposant jusqu’au bout à sa mort. Conscients des répercussions que pourrait avoir cet article auprès d’une partie du public, les éditeurs de Science ont bien pris soin de préciser qu’il ne s’agissait que d’un seul cas et qu’il ne fallait pas généraliser.

Cécile Dumas
(08/09/06)

http://sciences.nouvelobs.com/sci_20060907.OBS0999.html

 


20:38 Écrit par Charisma dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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